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 Etats généraux de l'Economie Sociale et Solidaire

  • francois
  • Mardi 20/07/2010
  • 10:48
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le 5 juillet dernier, l’ACPES et le MES assistaient à à une réunion d'information et d'échange dédiée à la préparation des Etats généraux de l'ESS.

 Pour lancer ensemble le processus des Etats généraux de l'ESS et définir ses modalités concrètes, nous vous donnons rendez-vous le :

29 septembre prochain à Paris

pour la réunion de lancement des Etats généraux (ateliers le matin ; assemblée plénière l'après-midi).

 

Nous reviendrons vers vous à la rentrée avec plus de précisions (lieu, ordre du jour, etc.)

 

Comme convenu le 5 juillet, veuillez trouver , le questionnaire préparatoire pour confirmer et préparer ensemble notre réunion de lancement. Merci de nous le retournez par mail (lelaboess@gmail.com) avant le 3 septembre. Ce document est  en ligne sur le site du labo www.lelabo-ess.org/acte1, merci de le diffuser auprès de vos réseaux pour les inviter le 29 septembre.

 

Pour toute information complémentaire, nous restons à votre disposition.

 

Ces Etats Généraux de l'ESS ce sont les vôtres !

Etes-vous prêts à vous engager ?

 

Solidairement,

 

L’équipe du Labo

 

01 58 50 14 09

lelaboess@gmail.com

www.lelabo-ess.org

 

 

 POUR UNE AUTRE ECONOMIE

  • francois
  • Mardi 08/06/2010
  • 10:36
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Nous, acteurs de l’ESS, proposons de réfléchir collectivement à l’organisation d’Etats Généraux de l’ESS, qui débuteraient à l’automne 2010 et se termineraient à l’été 2011, à moins d’un an des élections présidentielles.

Ce texte présente notre diagnostic, nos motivations et esquisse les premières perspectives soumises au débat. Nous proposons à toutes celles et ceux qui le souhaitent de réagir en nous envoyant un mail lelaboess@gmail.com

A l’initiative du Labo de l’ESS, ce texte et ce projet vous sont proposés par :

Claude Alphandéry (Initiateur le Labo ESS/Président d’honneur France Active), Gérard Andreck (Président CEGES), Yannick Barbançon (Président CN-CRES), Christiane Bouchart (Présidente RTES), Jean-Claude Detilleux (Président GNC), Jacques Henrard (Président CPCA), Bruno Lasnier (Président du Mouvement de l'Economie Solidaire ), Alain Philippe (Président Fondation MACIF), Christian Sautter (Président France Active), Hugues Sibille (Président Avise), François Soulage (Président Secours Catholique), Jean-Pierre Worms (Vice – Président FONDA).


 

********************

 -> Téléchargez la proposition Vers des Etats Généraux de l’ESS – Pour une autre économie en cliquant ici

 

POUR UNE AUTRE ECONOMIE

Prenons bien la mesure de la gravité de la situation.

Les crises se succèdent, s’emmêlent et s’amplifient. Les périls écologiques frappent d’abord les plus fragiles. La démesure de la finance met à mal l’écosystème planétaire et précarise les salariés. L’abstention monte. Les rentes se renforcent et le travail ne permet plus de vivre décemment. Le domaine de la marchandise s’étend. Le lien social se délite, les inégalités se creusent.

Face à cela, la tentation du repli ou du chacun pour soi, des égoïsmes est forte, et peut conduire à des réactions populistes et violentes, des affrontements nationaux et internationaux, des régimes autoritaires et des reculs de civilisation. Déjà partout en Europe, s’affirment avec force des partis xénophobes et nationalistes.

Pour sortir de la crise par le haut, nous devons, plus que jamais, porter et déployer un esprit de résistance et de création.

RESISTER, C’EST CREER. CREER, C’EST RESISTER.*

Résister et Créer, c’est ce que font au quotidien les salariés, bénévoles, entrepreneurs, consommateurs, élus… de l’économie sociale et solidaire (ESS). Ses 200 000 entreprises et 2 millions de salariés rassemblent une grande diversité d’initiatives économiques, ni publiques, ni capitalistes, qui cherchent à produire, consommer, décider et vivre autrement, de manière plus respectueuse des hommes, de l’environnement et des territoires.

Pourtant, ces initiatives apparaissent fragmentées. Leur offre de services et d’emplois est loin d’être à la mesure des besoins. Et elles ne parviennent pas à incarner un projet de transformation de société. Nous pouvons, devons peser et nous affirmer dans le débat public, influencer les décisions, mobiliser l’opinion, en créant un rapport de force favorable, pour changer d’échelle, changer de cap, de modèle socio-économique.

Pour y parvenir, nous proposons de réfléchir et travailler collectivement à des Etats généraux pour une économie sociale et solidaire, qui mis en œuvre dès l’automne 2010 se tiendraient à l’été 2011.

L’objectif ne serait pas d’organiser un rassemblement sans suite ou de réitérer un travail d’élaboration de propositions déjà mené. Il ne s’agirait pas de prolonger ou de refaire ce qui a déjà été fait, mais de s’appuyer dessus, pour atteindre trois objectifs.

METTRE EN  MOUVEMENT, CONVAINCRE L’OPINION, INFLUENCER LES DECISIONS

Mettre en mouvement les acteurs de terrain (dirigeants, salariés, sociétaires, bénévoles…) partout sur les territoires.

Pour changer la donne, il faut mobiliser « ceux qui font » : la vigueur de nos entrepreneurs, la proximité et l’ancrage territorial de nos organisations et réseaux, l’engagement de nos sociétaires et bénévoles, consommateurs, la force de frappe de nos grandes entreprises, la mobilisation des élus locaux sont autant de leviers pour faire mouvement. Développons le sentiment d’appartenance, revendiquons notre fierté à mettre en œuvre une autre économie !

Faire connaître et reconnaître nos valeurs, nos pratiques, nos solutions. Toucher, mobiliser les citoyens, pour leur donner envie d’agir, de s’impliquer dans l’ESS.

Tant que l’ESS ne sera pas populaire, au sens premier du terme, elle ne sera pas prise au sérieux durablement. L’ESS doit montrer au plus grand nombre qu’elle est à la fois une économie utile à leur quotidien et à leur mieux-vivre et une économie à laquelle ils donnent sens par leur consommation, leur épargne, leur travail. Une économie au service des personnes ; des personnes pleinement acteurs de l’économie.

Influencer les décisions, pour créer un environnement favorable au développement de l’ESS, et plus largement d’une économie plus humaine.

Tous les leviers sont à actionner : formation, fiscalité, commande publique, aides publiques, politiques d’innovation et d’aménagement du territoire, régulations européennes et internationales, etc. Pour convaincre, nous devons porter des propositions fortes argumentées, transformatrices, réalisables, en s’appuyant sur les travaux existants. Nous devons aussi développer un langage de la preuve de nos pratiques et rechercher l’exemplarité. Et enfin, rechercher une meilleure articulation entre propositions et politiques publiques territoriales, nationales et européennes.

UNE NOUVELLE GENERATION, UN LANGAGE COMMUN, SORTIR DE L’ENTRE-SOI

Pour atteindre ces trois objectifs, réussir ces Etats Généraux, nous devons nous attacher à:

Faire émerger une nouvelle génération de dirigeants et de représentants de l’ESS.

Une génération issue du terrain et des territoires, des forces organisées et  non-organisées. Une génération plus diverse, plus féminine, plus jeune, en phase avec la société : comment prétendre changer une société à laquelle on ne ressemble pas ? De nouveaux visages, de nouveaux porte-paroles sont nécessaires, pour porter et développer l’ESS dans les 15 prochaines années.

Sortir de l’entre-soi et créer de nouvelles alliances, audacieuses et porteuses de sens pour faire émerger maintenant cette économie humaine.

L’ESS est un puissant facteur de renouveau mais n’arrivera pas seule à changer de cap, et ne doit pas rester en vase clos. Pour jouer pleinement son rôle, elle doit nouer de nouvelles alliances avec l’ensemble des acteurs du changement, élus, syndicats, ONG, mouvements sociaux, consommateurs, entrepreneurs responsables, logiciels libres, réseaux sociaux, etc.

Construire un langage commun, sur qui nous sommes et où nous voulons aller.

L’ESS riche de sa diversité, ne parvient pas encore à parler un langage commun, lisible, audible, sur ce qu’elle est et son projet. Un travail de convergence entre ses différentes sensibilités (économie sociale, économie solidaire, entrepreneuriat social) est nécessaire.

CONSTRUISONS ENSEMBLE CES ETATS GENERAUX 2011

Les Etats généraux de l’ESS que nous appelons de nos vœux doivent créer les conditions d’une dynamique innovante, démocratique, inclusive, partant des territoires et de leurs acteurs, et leur permettant de s’approprier pleinement la démarche.

Cherchons donc ensemble les voies positives pour que l’ESS puisse réellement faire mouvement, dans son unité et sa diversité, au service de la société et de son émancipation.

Une rencontre sur les Etats généraux sera organisée en septembre 2010. Nous y débattrons ensemble de la pertinence de ce projet, et s’il est retenu, déterminerons collectivement les objectifs précis, ses modalités de mise en œuvre, sa gouvernance.  

 * * * * * * * *


 

Rejoignez ces premiers initiateurs et envoyez nous un mail sur lelaboess@gmail.com!

 

*  « Résister, c’est créer. Créer c’est résister », reprenons à notre compte l’appel à la commémoration du 60e anniversaire du Programme du Conseil National de la Résistance, en 2004.

 

 ECHO DU NORD SOCIAL ET SOLIDAIRE

  • francois
  • Jeudi 03/06/2010
  • 09:16
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Dans le Nord Pas de Calais  l’association des Acteurs pour une économie solidaire tout comme nous membre du MES a tenu son assemblée générale
SOURCE NORD INFO / http://www.nord-social.info/spip.php?article378

L’heure est à l’action collective en faveur du développement de l’économie sociale et solidaire

Passer des partenariats avec les autres acteurs de terrain, les collectivités et les comités d’entreprises

lundi 24 mai 2010

Après une année satisfaisante au cours de laquelle ils ont pu renforcer les politiques de partenariat et stabiliser les finances de l’association des Acteurs pour une économie solidaire (APES) du Nord – Pas-de-Calais, ses adhérents, n’ont pas caché leurs inquiétudes pour les années qui viennent. Réunis, récemment, en assemblée générale à la Maison régionale de l’environnement et des solidarités (MRES) de Lille, ils se sont notamment alarmés « de la réforme à venir des collectivités locales et leur recentrage plus que probable sur leurs seules compétences obligatoires. Une réforme qui augure mal, assure son président, Gérard Dechy, des soutiens dont l’association des Acteurs pour une économie solidaire pourra encore bénéficier du côté des assemblées départementales. »
 

Cette menace qui pèse, indirectement, sur les finances de l’association sera un grand sujet des mois à venir pour les militants de l’APES. Le président, n’a d’ailleurs pas caché « qu’il était de plus en plus impératif de rechercher et d’augmenter les ressources propres, que ce soit en termes de cotisations, de dons avec la reconnaissance attendue de l’utilité générale de l’APES et de subventions en provenance des fondations. »

Favoriser les dynamiques territoriales

Créée en l’an 2000, l’APES s’est imposée comme l’un des acteurs essentiels de l’économie sociale et solidaire dans la région du Nord – Pas-de-Calais. Comme pour les autres acteurs, la crise justifie pleinement ses activités tournées vers une économie mise au service de l’homme et des solidarités. L’APES compte 130 adhérents qui sont soit des individus, soit des structures.

L’APES a fait des territoires un axe de son développement. C’est sur ceux-ci qu’elle déploie ses activités, estimant que c’est sur ce terrain qu’elle peut mener à bien et avec efficacité ses activités.

C’est donc tout naturellement que, parmi ses engagements, l’appui et l’accompagnement des dynamiques territoriales jouent un rôle important. Structure de représentation des acteurs de l’économie sociale, elle est l’un des partenaires du Plan régional de développement de l’économie sociale et solidaire, aux côtés notamment, de la Chambre régionale de l’économie sociale, et du Conseil Régional du Nord – Pas-de-Calais, mais aussi des plans locaux de développement de l’économie sociale et solidaire (Léalille, LMCU, Artois Comm, Coeur de Flandre…)

Les adhérents de l'association des Acteurs pour une économie
solidaire en assemblée générale

L’APES est intervenue en 2009 en appui aux acteurs et aux collectivités locales, auprès de six territoires du département du Nord (Coeur de Flandre, Sambre-Avesnois, Lille et Communauté Urbaine de Lille, Communauté d’Agglomération de la Porte de l’Hainaut, Communauté d’Agglomération du Douaisis), et de neuf territoires du Pas de Calais (Pays d’Artois, Pays du Ternois, Artois Com., Pays du Calaisis, Communauté d’Agglomération du Boulonnais, Pays de St Omer et Lens-Liévin-Hénin-Carvin, Pays de la Lys Romane et 7 Vallées). Dans le Cambrésis, il existe une structuration locale d’acteurs, le Codes, membre de l’APES.

Ces interventions dans les territoires ont pris plusieurs formes : séminaire des agents de développement, rencontres thématiques pour les animateurs territoriaux...

Selon Gérard Dechy, cette politique territoriale demande à être renforcée. « En effet, souligne-t-il, sur les premiers territoires impliqués dans l’économie sociale et solidaire, il s’agit de faire passer dans les faits un financement du développement de l’économie sociale et solidaire au niveau local, ce qui est loin d’être acquis. »

« Quant aux territoires qui se trouvent davantage à la traîne, ajouta le président de l’APES, il reste encore beaucoup à faire pour convaincre les élus et leurs techniciens de l’intérêt, pour eux comme pour leur territoire, de développer l’économie sociale et solidaire, même quand ils ont inclus l’économie sociale et solidaire dans leur plan local de développement économique. »

Par rapport aux collectivités locales, il s’agit donc de favoriser l’inscription de l’économie sociale et solidaire de façon durable dans les politiques publiques, en lien avec les acteurs. Suite au travail important de développement de stratégies mené en 2009, l’accent sera mis sur la mise en oeuvre d’actions collectives en 2010

Sensibiliser, promouvoir

L’une des vocations de l’APES est également de faire connaître et promouvoir l’économie sociale et solidaire.

Pour cela, elle dispose d’un site, s’est dotée d’une lettre « « L’économie solidaire en Nord Pas de Calais », dont quatre ont été publiées en 2009 , et d’une Newletters mensuelle.

Par ailleurs, tout au long de l’année elle organise manifestations et débats, et, entre autres, régulièrement « les petits déjeuners de l’entrepreneur solidaire » qui ont lieu soit à Lille, à la Maison de l’économie solidaire, 10 s’y sont déroulés en 2009, soit dans les territoires, où 10 autres se sont déroulés l’année dernière.

L’APES a, également, participé à diverses opérations de sensibilisation du grand public à l’économie sociale et solidaire, et notamment, en novembre au mois de l’économie sociale et solidaire, à « l’Odyssée des Possibles, manifestation organisée par des comités d’entreprises, au Salon Créer,…

Deux actions destinées à faire connaître les biens et les services proposés par les structures de l’économie sociale et solidaire auprès des consommateurs entreprises l’an passé devraient se poursuivre.

Il s’agit de promouvoir le Marché Citoyen tant auprès des particuliers que des collectivités, qui les uns et les autres peuvent y trouver de nouveaux modes de consommation à travers une alimentation plus saine, bien souvent écologique et une économie solidaire à travers des références de proximité, magasin bio, AMAP,…ou du commerce équitable.

Il s’agit aussi de conforter la monnaie SOL en région Nord – Pas-de-Calais.

L’APES a accepté en 2009 de relayer une idée portée par Rhizomes sur la possibilité ou non pour les collectivités locales et territoriales de recourir au mode subvention plutôt que de tout passer en mode marché. Cette campagne « Y’ a le choix » a permis de faire évoluer, sur le papier au moins, les positions, un peu trop frileuses selon les responsables de l’association, de la région, positions portées par Pierre de Saintignon, vice-président socialiste du Conseil régional du Nord- Pas-de-Calais et de renforcer des partenariats avec plusieurs réseaux régionaux. La campagne devrait connaître des prolongements en 2010, car d’une façon générale, de lourdes menaces pèsent sur les modes et les montants de financement des associations.

Renforcer les capacités d’actions collectives

La crise actuelle estiment les membres de l’APES, conduit d’un côté à la réaffirmation de la contribution essentielle des acteurs de l’économie solidaire au développement économique et social des territoires, et d’un autre côté à la fragilisation d’un nombre important de ces structures. Le renforcement de la synergie entre l’ensemble des acteurs et des partenaires de l’économie sociale et solidaire est, donc, plus que jamais nécessaire.

Ce renforcement de l’action collective passera par une coordination des interventions de l’APES sur les territoires avec la CRESS. Par ailleurs, outre le travail avec les élus, l’APES a fait le choix de renforcer ses relations extérieures avec les syndicats de salariés.

« La question des alliances avec les différentes composantes de l’économie sociale et solidaire est capitale, affirma, Gérard Dechy, pour son développement et aussi pour une augmentation significative du nombre d’adhérents. »

Pour les acteurs de l’économie sociale et solidaire, il s’agit de renforcer leur visibilité et leur capacité collective d’intervention dans le débat économique et social actuel. Le meilleur moyen de peser sur l’avenir.

 L’ESS, les entreprises sociales et le capitalisme : énoncer ce qui nous sépare

  • francois
  • Vendredi 23/04/2010
  • 15:19
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Le débat sur les frontières de l’économie sociale, suscité par la récente émergence du MOUVES fait rage
Cédric Lefebvre, de l’Agence provençale Pour une Economie Alternative et Solidaire, a recueilli le point de vue de Nadine Richez-Battesti. accessible sur http://www.apeas.fr/L-ESS-les-entreprises-sociales-et.html
Nadine Richez-Battesti est Maître de Conférences en Economie à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion, Université de la Méditerranée
Directrice du master 2 RH : ESS : organisation et projets

 Des assises locales de l’économie sociale & solidaire à Tours

Le SOL, une autre manière d'échanger pour un développement local solidaire !

  • francois
  • Vendredi 12/03/2010
  • 15:28
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Vendredi 2 avril 2010 - 14h à 18h
Hôtel de ville - Salle des mariages – Tours
Le SOL, une autre manière d'échanger pour un développement local solidaire !
Télécharger le programme de la journée
Télécharger le bulletin de participation


Organiser des assises locales : pourquoi ?
Les assises seront un temps de travail et d’échange. Les acteurs de l’ESS, les collectivités et les institutions publiques, pourront évoquer la mise en place d’une monnaie complémentaire solidaire sur l’agglomération tourangelle.

Comment vont se dérouler les assises ?
14h       Accueil des participants
14h15     Plénière : deux interventions
Célina Withaker  - Coordinatrice du projet SOL et du collectif « Nouvelles richesses ». Elle travaille en lien avec Patrick Viveret et Claude Alphandéry 
Francine Bavay – élue en Ile-de-France, l’un des territoires d’expérimentation du SOL.
15h30      Ateliers aux choix
Atelier 1 : Le Sol - outil d’éducation citoyenne
Atelier 2 : Le Sol - outil d’action sociale pour les collectivités locales
Atelier 3 : Le Sol - outil de valorisation du bénévolat
17h    Restitution des ateliers et intervention de Frédéric Bosqué - Chef de projet SOL à Toulouse
18h      Pot de clôture

Quelles attentes suite aux assises ?

Concrètement à l’issue de cet après-midi de réflexion, nous projetons de créer un groupe pilote pour aller plus loin et actionner la mise en place de la monnaie SOL (l’un des volets ou les trois) avec ceux qui seront prêts à s’investir.

Qu’est-ce que c’est : la monnaie complémentaire SOL ?

Sol est une abréviation de « solidaire ». Il s’agit d’une monnaie complémentaire qui vise à replacer l’argent comme moyen et non comme une fin. C’est aussi une monnaie fondante (pour éviter les phénomènes d’accumulation) qui, lorsqu’elle n’est pas utilisée est réaffectée collectivement à des projets d’utilité sociale et écologique. Elle s’appuie sur le
réseau Sol, ensemble des entreprises et partenaires qui adhèrent à cette monnaie.
Le projet SOL est expérimenté dans cinq régions françaises : Alsace, Bretagne, Ile de France, Nord Pas de Calais et Rhône Alpes. Il bénéficie de l’appui de collectivités, de la MACIF, de la MAIF, du Crédit Coopératif et de la SCOP Chèque Déjeuner, ainsi que du Fonds Social Européen. Il regroupe actuellement une centaine d’entreprises adhérentes et plus de 4000 porteurs de carte. Son potentiel de développement est très important.
Cette monnaie est complètement dématérialisée : il n'y a ni pièces ni billets. Elle circule sur des supports électroniques : une carte à puces, un système de suivi et de gestion par Internet, des échanges par l’intermédiaire d’un terminal bancaire ou directement par Internet sur le site de gestion.

La carte SOL propose trois fonctionnalités :
1. Une carte pour donner aux particuliers une motivation supplémentaire de consommer responsable (réseau SOL Coopération)
2. Une carte pour donner du sens aux dispositifs d’accompagnement social (Réseau SOL Affecté)
3. Une carte pour rendre visible et valoriser les comportements citoyens et le bénévolat, ouverte sur des échanges de temps (Réseau SOL Engagement)
Il est dès lors possible, selon les territoires qui souhaitent s’engager, d’utiliser différemment cette carte solidaire « outil couteau suisse » selon les souhaits politiques et selon les dynamiques en place, et d’adapter l’utilisation de la carte en conséquence.

Les collectivités territoriales peuvent s’inscrire dans le SOL sous différentes modalités :
1. Tout d’abord en utilisant le SOL comme un outil pour des politiques sociales : de façon générale, les monnaies affectées permettent une aide financière à un public déterminé pour une utilisation particulière (tickets restaurant, chèques petite enfance, etc...). Le couplage du SOL avec les monnaies affectées permet de distribuer des aides en SOL. Ainsi, par exemple, une collectivité distribue des SOLs affectés, à un public défavorisé, pour l’achat de produits issus de l’agriculture biologique. Cela revient en fait à coupler une politique sociale avec la volonté d’appuyer un certain type d’économie puisque la monnaie affectée ne pourra être utilisée que chez un certain type de prestataires.
2. Une monnaie affectée en SOLs couplée avec un engagement de personnes. Par exemple, une collectivité émet un chèque culture SOL en direction des jeunes en échange d’un engagement de ces jeunes à une dynamique d’accompagnement des enfants en milieu péri-scolaire. Ces SOLs peuvent alors être utilisés par les jeunes pour l’accès aux équipements culturels.
3. La troisième modalité est l’acceptation de SOLs engagement pour le paiement de certains services publics. Par exemple, une collectivité peut accepter des SOL engagement pour l’entrée à la piscine, au cinéma, ou à tout autre équipement public. Pour la collectivité, cela correspond d’une part à une forme de reconnaissance des richesses apportées par les porteurs de SOL Engagement à la collectivité et, d’autre part, à une forme de meilleure utilisation des services publics pour des équipements qui de toute façon sont en fonctionnement.

Ainsi, pour la collectivité, le SOL peut être un outil pour le développement de coopérations entre les collectivités territoriales et les entreprises portant des valeurs et des pratiques écologiques et sociales, aussi bien que de coopérations entre collectivités et citoyens dans la réponse aux besoins et à l’animation du territoire. La collectivité peut ainsi être un pivot dans la construction d’un réseau d’acteurs coopérant pour un autre développement du territoire.

Quelques exemples en cours :
La mairie de Carhaix accorde depuis septembre 2008 des SOL Affectés aux familles disposant de faibles ressources, pour inscrire les enfants dans une dizaine d’associations sport et loisirs de la ville.
La mairie de Paris lance actuellement une aide en SOL Affecté destinée à accompagner certaines familles sur l’achat de panier bio.
La mairie de Lille avance sur un projet SOL Affecté destiné à accorder une aide sur les équipements basse consommation.

Plus de renseignements sur le SOL : www.sol-reseau.org

 

 Un appel très important à relayer !

(Merci beaucoup à tous ceux qui l'ont déjà signé et/ou relayé… et merci d'avance aux autres !)

  • francois
  • Lundi 08/02/2010
  • 10:00
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Impossible absence


L’absence actuelle de vrai débat public sur la place de l’art et de la culture dans notre société est un symptôme historique extrêmement inquiétant.

Elle annonce, pour la première fois depuis la Libération, le risque d’abandon d’une part fondamentale de l’histoire de notre pays.

Une part de notre histoire dont est issue la valeur accordée aux choses de l’esprit, à travers notre littérature, notre théâtre, les arts et leur circulation, dans la vision du monde que nous partageons et la place que nous avons su leur donner dans notre vie réelle. Cette absence fait planer la menace d’une défaite devant l’invasion délétère de l’esprit marchand imposée par ce que l’on nomme « globalisation ».

Les politiques qui refusent l’ordre néolibéral doivent le comprendre : non seulement la culture - au sens le plus large du mot -, est un enjeu fondamental de civilisation, mais c’est aussi pour eux un atout politique majeur.

Comme le dit le grand dramaturge Edward Bond, « que nous resterait-il aujourd’hui des Grecs s’ils ne nous avaient laissé une philosophie, un théâtre, une mythologie, des temples, des statues ? » Autrement dit un immense arrière-plan artistique et culturel créé à partir d’outils symboliques : une langue, des codes, des signes qui nous relient à une mémoire commune, à une volonté d’être ensemble et de rencontrer l’autre, de se frotter à l’inconnu, qui nous constituent en tant qu’êtres pensant, rêvant, imaginant, désirant, créant, construisant l’improbable avenir.

Ce sont ces outils qui nous permettent de nous penser, de nous ressentir, autrement qu’en tant que consommateurs ou marchands…

Notre histoire récente fut traversée de soubresauts où cette aspiration - ce désir collectif, parfois confus, souvent éclatant et vibrant - s’est manifestée. Des outils ont été construits avec le Conseil National de la Résistance. C’est ce que l’on appelle « le service public de la culture ». Il ne s’agit, en réalité, de rien d’autre que la manifestation concrète, politique, d’une volonté de donner à l’esprit sa vraie valeur dans la collectivité.
Ce service public, qui en France fut incarné par un ministère de la Culture, est en passe d’être démantelé.

Deux événements peu commentés, font figure de symptôme.
Au moment précis où plusieurs études alertent sur la désaffection de la lecture parmi les jeunes Français, la direction du Livre du Ministère a été supprimée l’automne dernier ; celles du théâtre, de la musique, de la danse et des arts plastiques ont depuis subi le même sort.
Dans le cadre d’une révision générale des politiques publiques qui veut tout soumettre, y compris l’inquantifiable, à la « rationalité économique », l’ensemble des directions artistiques sont réduites à une Direction générale de la création artistique, coincée entre une Direction des patrimoines et celle des médias et des industries culturelles.
On peut craindre que l’art ne soit plus la priorité de ce ministère...

La même rationalité économique a présidé aux débats du Forum d’Avignon : « économie et culture », présenté comme un « Davos de la culture ». Le symbole est fort. Au moment où la « crise » prouve l’inanité des dogmes néolibéraux qui dominent l’Europe, la culture devient l’ultime nappe phréatique où puiser, au service d’intérêts qui lui sont totalement étrangers.

Quel crédit porter à une « économie créative » initiée par des dirigeants d’entreprises comme Nicolas Seydoux, Didier Lombard et Axel Ganz ? Que peut véhiculer une telle « culture », réduite et instrumentalisée par les impératifs d’une « économie de la connaissance ? »

Dans l’Europe néolibérale, un faisceau de signes innombrables converge vers la destruction de ce que nous appelons l’humain. Brutalité d’une main, propagande de l’autre, encouragement général à cesser de penser et échanger. Cet encerclement qui concerne tous les aspects de nos vies tend à faire de chacun un individu dénué de sens collectif. On peut s’inquiéter de ce qu’il adviendrait d’une civilisation déjà très altérée par un individualisme stérile, une fois amputée ce qu’il lui reste de capacité à utiliser le symbole comme moyen d’échange et de construction d’une richesse culturelle commune.
À leur échelle, de nombreuses collectivités territoriales, avec des politiques qui prennent en compte différents niveaux de l’action artistique et culturelle et pallient les désengagements de l’État, tentent de résister à ce rouleau-compresseur. Comment pourront-elles agir demain, face à un gouvernement qui risque de les priver de toute marge de manœuvre en leur déniant la compétence culturelle ?

Il est temps de l’affirmer : nous avons ici des valeurs essentielles à défendre et à promouvoir.
Ces valeurs, ne doivent pas, sous peine d’effacement, se soumettre à la tyrannie du chiffre. Voici un débat public qui mérite vraiment d’être ouvert !
t

Pour signer cet appel, c'est ici


Les premiers signataires :



Danielle Mitterrand (Présidente de la fondation France-Libertés)

Stéphane Hessel (diplomate, ancien déporté et grand résistant ayant contribué à la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme)


Roland Gori (psychanalyste, professeur des universités, initiateur de l’Appel des Appels)

Bernard Lubat (musicien multi-instrumentiste, chanteur, fondateur du festival d’Uzeste et de la Cie Lubat)

Marcel Gauchet (historien, philosophe, directeur d’études à l’EHESS, rédacteur en chef de la revue Débat)

Nicolas Frize (compositeur, membre de la LDH)

Bernard Stiegler (philosophe, directeur de l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Pompidou)

Valérie de Saint-Do (co-directrice de Cassandre/Horschamp)

Nicolas Roméas (directeur et fondateur de Cassandre/Horschamp)

Barbara Cassin (philosophe, philologue, directrice de recherche au CNRS)

Philippe Meirieu (professeur en sciences de l’éducation, responsable pédagogique de la chaîne Cap TV, directeur de collection chez ESF Editeurs)

Bernard Bloch (metteur en scène, comédien, directeur artistique du Réseau (théâtre), membre fondateur de la coopérative artistique de production CAP Etoile)

Robin Renucci (comédien, réalisateur, fondateur de L’ARIA Association des Rencontres Internationales Artistiques)

Julien Blaine (poète et performeur, fondateur de la revue Doc(k)s, des Rencontres internationales de poésie de Tarascon et du Centre international de poésie de Marseille)

Jean-Gabriel Carasso (auteur, réalisateur, responsable de l’Oizeau rare, association de recherches culturelles)

Philippe Avron (auteur interprète)

Robert Abirached (écrivain, historien, critique théâtral, ancien directeur du théâtre et des spectacles au ministère de la culture)

Françoise Fanfelle (Moissac - Infirmière retraitée)

Samuel Wahl (journaliste)

Pépito Mateo (conteur, acteur et écrivain)

Olivier Perrot (Plasticien photographe - Vitry sur Seine)

Édith Rappoport (ancienne conseillère à la DRAC Île-de-France)

Bruno Boussagol (Metteur en scène)

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L'appel est en ligne ici

 2010

  • francois
  • Jeudi 31/12/2009
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Voyez mes frères, le printemps est venu ; la terre a reçu l'étreinte du soleil, et nous verrons bientôt les fruits de cet amour !

Chaque graine s'éveille, et de même chaque animal prend vie. C'est à ce mystérieux pouvoir que nous devons nous aussi notre existence ; c'est pourquoi nous concédons à nos voisins, même à nos voisins animaux, le même droit qu'à nous d'habiter cette terre.

Pourtant écoutez-moi, vous tous, nous avons maintenant affaire à une autre race, petite et faible quand nos pères l'ont rencontrée pour la première fois, aujourd'hui grande et arrogante. Assez étrangement, ils ont dans l'idée de cultiver le sol et l'amour de posséder est chez eux une maladie.

Ces gens-là ont établi beaucoup de règles que les riches peuvent briser mais non les pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour leur propre usage et se barricadent contre leurs voisins ; ils la défigurent avec leurs constructions et leurs ordures. Cette nation est pareille à un torrent de neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage ».

Avec ces mots de Sitting Bull, chef Sioux Hunkpapa (1875), nous vous souhaitons une trés bonne année 2010
,

 

 Postface à l’ouvrage « Economie sociale et solidaire : 50 propositions pour changer de cap ! »

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  • francois
  • Mercredi 16/12/2009
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contribution exceptionnelle

d’Edgar Morin

Décembre 2009

L’économie sociale et solidaire s’inscrit dans la voie d’une économie plurielle. Plutôt que de croire à la

fin imminente du capitalisme ou à son inéluctable perpétuation, l’économie plurielle signifie qu’il y a

possibilité de refouler progressivement et systématiquement l’aire économique déterminée par le seul

profit. Cela comporte non seulement l’extension du champ de l’économie sociale, mais aussi un

ensemble d’évolutions dans tous les domaines. Cela comporte la notion capitale de solidarité qu’il

s’agit de revitaliser alors que nous subissons la désintégration des solidarités traditionnelles. Car s’il y

a deux sources éthiques qui sont vitales pour toutes les vies et les sociétés humaines, c’est solidarité

et responsabilité.

Déjà, au coeur même de l’entreprise vouée au bénéfice, les idées d’éthique d’entreprise, d’entreprise

citoyenne, de commerce équitable peuvent apporter des régulations et limitations à l’impératif du

profit. Mais c’est surtout au delà, dans le domaine de la consommation et de la vie quotidienne, que

s’imposent des réformes diverses toutes convergentes. Ainsi il s’agit de susciter les résistances aux

intoxications consuméristes qu’alimentent les incitations publicitaires libidineuses, lesquelles

introduisent dans les produits de consommation, du coca à la conduite automobile, les mythes de

jeunesse, beauté, séduction.

Il s’agit de promouvoir l’alimentation de proximité qui favorise l’agriculture maraîchère et fermière, et

nous fait renoncer aux fruits hors saisons insipides venant de continents lointains. Il s’agit de

substituer au règne du jetable celui des objets voués à la durée et retrouver les métiers de réparation.

Il s’agit de favoriser le besoin d’objets artisanaux singuliers plutôt que les objets industriels. Il ‘agit de

faire émerger à la pleine conscience ce que chacun sait au fond de lui-même, que l’amour est plus

important que l’argent, et de retrouver la part de gratuité et de responsabilité qui permettent

l’épanouissement des relations humaines. Il s’agit en somme de remplacer l’hégémonie de la quantité

par celle de la qualité. Certes les démunis n’ont pas les moyens d’accéder aux produits bios et

fermiers, mais cela signifie que l’économie sociale doit être accompagnée de mesures politiques pour

lutter contre les misères croissantes en favorisant le développement de métiers de solidarité et de

convivialité et en suscitant des grands travaux « verts » (création de ceintures de parking autour des

villes qui seraient alors vouées aux transports publics et vélos, développement des sources d’énergie

verte jusqu’alors sacrifiées au profit du très puissant lobby nucléaire). Elle serait accompagnée en

somme par une grande politique d’humanisation des villes et de revitalisation des campagnes (je

développe ces idées dans mon livre Politique de civilisation.

Tant d’initiatives locales ont déjà surgi dans ces sens et dans tous les domaines, elles restent isolées,

inconnues les unes des autres, il s’agit de les faire converger, de les associer pour montrer comme

l’annonce ce livre, qu’il est à la fois possible et nécessaire de changer de cap.

Disons plus : la nécessité de changer de cap signifie la nécessité de changer de voie, ce qui met en

question la voie même de développement telle qu’elle est admise, y compris sous sa forme

saccharinée de durable.

Le développement, formule techno économique générale s’est appliquée sur toues continents sans

tenir compte des singularités propres à chaque nation ou culture, sans tenir compte des savoirs,

savoir-faire, arts de vie, valeurs que comportent les multiples cultures y compris celles des petits

peuples indigènes, cette formule a produit, non seulement de nouvelles classes moyennes jouissant

des avantages ainsi que des intoxications de l’occidentalisation, mais aussi de gigantesques misères

dont témoignent les énormes bidonvilles ceinturant les métropoles d’Asie, Afrique, Amérique latine.

Nous autres, occidentaux, ne faisons pas que bénéficier d’un développement que les pouvoirs ne

cherchent qu’à continuer indéfiniment comme s’il était la panacée universelle; nous souffrons des

carences humaines, psychiques et éthiques qu’a apporté le développement. La misère morale s’est

substituée à la misère matérielle, et la misère matérielle loin d’être éliminée s’accroît dans le

déchaînement de l’économie du profit vouée à tout rationaliser, rentabiliser, hyper-spécialiser,

chronométrer, c’est à dire déshumaniser. Le travail même, désormais soumis aux impératifs

managériaux et gestionnaires, produit de plus en plus dépressions, accablements, souffrances ce

dont témoigne le taux de suicides croissant dans et par les entreprises managérisées.

La notion de développement comporte en elle l’hégémonie de la technique, de l’économie, du calcul,

de la rentabilité, de l’efficacité, de ce qu’on appelle la rationalisation, mais le calcul ignore la vie, la

souffrance, le bonheur, le malheur ce qui constitue nos réalités humaines. La notion de homo

economicus, déterminé uniquement par la recherche de l’intérêt personnel est aveugle à ce qui n’est

pas l’intérêt personnel, à commencer par ce qu’Huizinga avait appelé le « jeu », mais pas seulement

le jeu – l’amour, le don, la communion.

La logique d’efficacité, de prédictibilité, de calculabilité, hyperspecialisée et chronométrée s’est

étendue dans de très nombreux secteurs de nos vies. À commencer dans les administrations où la

bureaucratie gangrène l’activité administratrice. La mécanisation prend les commandes du monde

urbain et même du monde rural, avec l’agriculture industrialisée, et l’élevage industrialisé. Elle envahit

la vie quotidienne. Elle envahit même l’éducation. Elle veut faire de nous des machines triviales

efficaces et rentables. Elle envahit la consommation, les règles, les loisirs, les services. Elle se répand

sur la planète.

Nous résistons comme nous pouvons dans nos vies privées, contre la matrix privée de vie.

Notre destin est conduit par des intelligences aveugles et seule une réforme de pensée nous aiderait

à le percevoir. La pensée dominante est fondée sur la réduction du complexe au simple et sur la disjonction, c’est-àdire, la séparation. Ce qui a été très fécond dans l’histoire du développement de la science occidentale, puisque c’est à travers des disciplines qu’ont été produites des connaissances qui nous

amènent à revoir entièrement notre vision du monde et de la vie. Mais la spécialisation close donne le

primat à une pensée qui isole les objets hors de leurs contextes et devient myope ; qui est aveugle à

ce qui est global, parce que les connaissances séparées ne permettent pas de saisir la complexité

des phénomènes globaux ; et qui devient aveugle à ce qui est fondamental, c’est-à-dire, nos

problèmes de vie et de mort.

Une telle reforme nous montrerait qu’il faudrait non opposer, mais associer mondialisation et

démondialisation (par le retour aux économies de proximité) croissances et décroissances,

développement et enveloppement, c’est à dire retour vers nos plus profondes nécessités intérieures.

Enfin il faut comprendre que mondialisation, occidentalisation, développement sont les trois faces d’un

dynamisme incontrôlé qui propulse le vaisseau spatial terre. La science, la technique, l’économie, le

profit sont les moteurs de ce dynamisme qui comporte ce que les anciens grecs l’ubris – la démesure.

Nous sommes dans une course démesurée. Et dans cette démesure, effectivement, des périls

nouveaux pour toute l’humanité sont apparus avec la prolifération des armes nucléaires, qui n’aurait

pas été possible sans la science, avec la dégradation de la biosphère, qui n’aurait pas été possible

sans notre déchaînement techno-économique. Avec le fait aussi que des conflits de mille fanatismes

Contribution d’Edgard Morin au labo-ess.org – Novembre 2009 Page 3

et aveuglements déchirent notre planète et peuvent effectivement produire l’utilisation des armes

d’anéantissement. D’autant plus que ce dynamisme produit des crises liées les unes aux autres.

La crise économique actuelle, que Keynes aurait appelé «crise de l’économie » c’est à dire crise du

système fondé sur les lois du seul marché, s’inscrit dans un ensemble de crises. Crise de la relation

entre les humains et la nature, dont témoignent les multiples dégradations de la biosphère, dont le

réchauffement climatique. Crise des sociétés traditionnelles que tendent à désintégrer sous le

dynamisme de l’occidentalisation ou bien se referment avec hostilité. Crise de la modernité, elle

même, puisque non seulement la modernité accomplie dans les pays comme les pays d’Europe

occidentale, les États Unis, n’a pas réalisé les promesses d’une vie meilleure, d’une vie harmonieuse,

mais au contraire, a créé un nouveau mal-être. Crise de la modernité aussi parce que ce qui la

poussait en avant c’était l’idée formulée par Condorcet et devenue un dogme universel jusqu’à

presque la fin du XXème siècle, que le progrès était une Loi irrésistible de l’histoire humaine.

L’ensemble de toutes ces crises constitue la crise de l’humanité qui n’arrive pas à devenir humanité.

Où nous conduit ce dynamisme ? Vers des catastrophes, vers l’abîme ?

Ainsi le développement de l’économie sociale et solidaire s’inscrit dans une perspective concernant

toute l’humanité, ce qui n’empêche nullement de pouvoir commencer dans un cadre national comme

le notre qui, si nous étions fidèle à la tradition née en 1789, devrait être exemplaire. Il s’engage dans

une voie qui peut et doit confluer avec d’autres voies, toutes également réformatrices, et qui si elles se

développent et se conjuguent pourront constituer la Voie de salut pour l’humanité.

Edgar Morin

Postface à l’ouvrage « Economie sociale et solidaire : 50 propositions pour changer de cap ! »

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